Ken Griffey Jr : À tout jamais le Kid

Hier se disputait le Jackie Robinson Day, cette journée qui commémore tous les 15 Avril l’arrivée du premier joueur noir dans les ligues majeures. À cette occasion, tous les joueurs portaient le numéro 42.

Une règle officieuse mise en place par Ken Griffey Jr superstar des années 90 qui fut le premier à porter le numéro de Robinson en son hommage. L’œil du Pygargue vous raconte l’histoire de ce joueur au grand cœur, l’un des rares joueurs populaires issus de la Steroid Era.

Le baseball coule dans ses veines.

Ken Griffey Jr est né à Donora en Pennsylvanie le 21 Novembre 1969. Avec sa superstar de père, Ken Griffey Sr, qui jouait en ligue majeure, Junior a grandi dans les vestiaires, entouré de l’atmosphère des terrains de MLB. D’abord chez les Reds de Cinncinati entouré des Pete Rose et autres Johnny Bench, ensuite chez les Yankees même si la fête n’a duré qu’un temps à New-York puisque Griffey fut vite renvoyé en tribune par le coach de l’époque Billy Martin. Ken Griffey Jr en gardera toujours un ressentiment envers les Bronx Bombers et se fera plus tard connaitre comme le Yankee Killer, comme quoi les années passent, mais le joueur lui n’a jamais oublié.

Cette enfance dans les dugouts poussera finalement Ken Griffey Jr à s’orienter dans une carrière de joueur de baseball. Prospect remarquable, « le meilleur que je n’ai jamais vu » témoigne Bobby Cox le general manager de Cincinnati à l’époque, cependant les tests mentaux du joueur inquiète les scouts, en fait, Griffey obtient les pires résultats de sa cuvée. Qu’à cela ne tienne, les Mariners de Seattle jettent tout de même leur dévolu sur le jeune voltigeur centre avec le 1e choix de la draft 1987.

Pour autant, tout ne va pas pour le mieux pour Ken Griffey, la pression de ce nouveau statut, en plus de celui de « fils de » lui pèse et la dépression qui s’ensuit lors du Printemps 1987 le poussera à faire une tentative de suicide. Junior ingère une boite entière d’aspirine et se retrouve à l’hôpital, là bas une discussion avec son père, d’où venait une bonne part de son malheur le remis dans la bonne direction tandis que père et fils commencent à mieux se comprendre.

La légende de Seattle

Crédits : Ian Saiki

Arrivé dans les ligues majeures à 19 ans, Ken Griffey impressionne par son élan à la batte, son swing est considéré par beaucoup comme le plus élégant de tous les temps encore aujourd’hui. Il impressionne tout de suite, mais n’est élu que 3e dans la course au meilleur rookie de l’année. L’année suivante, il est rejoint par son père, en quête d’un dernier baroud d’honneur. Les Griffey créent l’exploit en devenant les premiers pères et fils à jouer ensemble, mieux encore, le 24 septembre le duo s’offre un Back-to-Back Home Runs, une performance qui a peu de chances d’être égalée dans le futur.

Un élan aussi élégant qu’efficace puisqu’au cours de sa longue carrière longue de 2671 matchs, Ken Griffey frappera 630 balles pour les envoyés hors du terrain. 630 Home Runs qui le place 6e dans les livres d’histoires. Dans le Kingdome, l’enceinte historique de Seattle, c’est 198 Home Runs, rien que ça. Tout aussi bon défenseur que puissant, Junior confisquera le Gold Glove de meilleur défenseur à son poste pendant 10 ans. Ils ne sont que deux à avoir cumulé autant de récompenses pour leur travail défensif et plus de 600 Home Runs : Ken Griffey et Willie Mays. Pour autant, Ken Griffey Jr n’arrivera jamais à faire passer un tour de playoffs a Seattle, même en 1997, alors qu’il est élu de manière unanime au titre de MVP. Alors que Griffey menait les Mariners au titre de division en saison régulière en scorant 125 runs et frappant 56 home runs, pour 147 points produits. Tout en récupérant ses habituels Gants dorés et bâtons d’argents. Pour Griffey c’est l’accomplissement d’une vie et la manière ultime de faire taire les détracteurs « Toute ma vie, les gens ont dit il peut faire mieux, ce trophée veut dire beaucoup. » Pour autant, les Mariners se feront sortir dès le premier tour pousser dehors sans ménagements par les Orioles (3-1) tandis que Griffey passait a côté de sa série.

Joueur extrêmement populaire, le Kid est apparu dans de nombreuses œuvres de la pop culture : les Simpsons, le Prince de Bel Air ou encore un clip de Macklemore (Downtown), des jeux vidéos et des chaussures à son nom, et même des biscuits, un monstre de marketing qui n’est pas sans rappeler son équivalent dans le basket : Shaquille O’Neal.

Crédits: Sporting News

La saison 1999 ou la fin d’une ère à Seattle, le retour dans son Ohio natal

Lors de la saison 1999, les Mariners bouleversent leur franchise et quittent leur vieux Kingdome pour investir le Safeco Field, bien plus grand et moins favorable aux batteurs. Ken Griffey, qui veut revenir plus proche de chez lui, refuse une extension de contrat de 8 ans et plus de 135 millions de dollars. Du coup, il est prié de quitter l’État de Washington, et le 10 Février 2000 le visage de la franchise depuis tant d’années est échangé à Cincinnati, revenant dans les vestiaires où il a passé son enfance. Malheureusement, c’est à son arrivée à Cincinnati, âgé de 30 ans que le corps du gaucher va le lâcher.

En 9 ans sous les couleurs des Reds, il ne jouera que 64% des matchs. Ses poignets mis à rude épreuve par son élan, et ses pieds seront notamment les principales sources de son malheur.

Il trouvera tout de même le temps d’écrire pour la dernière fois l’histoire lorsque le 15 Avril 2007, Après avoir demander au commissioner Bud Selig et à Rachel la veuve de Jackie Robinson, il arborera le numéro 42 pour rendre hommage a la légende pour fêter le soixantenaire de la fracture de la barrière de couleur. Pour Griffey c’est une dernière journée sous le feu des projecteurs façon standing ovation cette fois-ci, depuis tous les joueurs sont forcés de porter le numéro 42 le 15 avril. Griffey dira simplement « C’est juste ma façon de donner à cet homme le respect qu’il mérite. »

Le retour du messie à Seattle : La fin de carrière du Kid

En 2009 et après une pige à Chicago, Ken Griffey Jr est de nouveau agent libre et il est déchiré entre Atlanta, plus proche de sa maison à Orlando et un retour a Seattle pour un dernier au revoir. Si dans un premier temps Atlanta a la priorité, une discussion avec son idole, celui pour lequel Griffey porte le numéro 24, Willie Mays, la légende le persuade de repartir chez les Mariners.

Crédits : Jake Andrews

En roue libre totale pour sa dernière saison, Ken Griffey apporta une bonne humeur lumineuse au vestiaire des Mariners et frappe encore 19 home runs, Ichiro son coéquipier témoigne  » Son humour et sa présence donne une ambiance que seul lui peut créer, tout le monde pense que c’est un génie en tant que joueur, mais c’est un génie dans cet aspect là aussi ». Pourtant, si il contribue beaucoup à l’ambiance du vestiaire ses performances ne sont pas bonnes et il est si déconcentré qu’il lui arriva même de rater des présences à la batte car il s’est endormi sur le banc lors d’un match contre les Minnesota Twins. Conscient qu’il n’a plus l’énergie ni l’envie pour jouer à ce niveau, il préfère se retirer en signant un communiqué concluant sa carrière « Même si je me pense capable d’encore contribuer sur le terrain, je ne m’autoriserais jamais à devenir une distraction pour mes coéquipiers » On préférera retenir que son dernier hit sera un un hit de la gagne dans le plus pur Junior Style


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