Tous les joueurs de baseball ne peuvent pas se permettre de signer un contrat à 9 chiffres à 21 ans et toujours être considérés comme largement sous payés. En effet, après deux saisons dans la Big League, l’ancien prospect n°1 de la MLB s’est déjà affirmé comme l’une des stars de la ligue et le franchise player des Braves d’Atlanta. Attendu comme une superstar alors qu’il était un inconnu lorsqu’il jouait dans son petit village natal de La Sabana, le vénézuelien n’a que faire et profite de la vie vivant pleinement son amour pour le baseball.
Le meilleur de tous les temps à son âge ?

L’histoire de Ronald Acuña Jr c’est celle d’un joueur accro à son sport. Si accro en fait, qu’il aurait eu des poussées de fièvre après que sa mère lui ait interdit de prendre sa batte et de participer à un tournoi à Barquimesto au Venezuela à cause de son comportement dissipé au collège. Pour un joueur comme lui, un endroit comme La Sabana, un petit village cotier vénézuelien de 6000 habitants où l’on vit et meurt pour le baseball est un paradis. D’ailleurs les clans Acuña et Escobar qui sortent régulièrement des joueurs MLB de leurs rangs y habitent depuis des générations. Pour le jeune leftfielder d’Atlanta, jouer au baseball, « le meilleur sport du monde » selon lui, est un besoin vital et forcément quand un joueur aussi talentueux est aussi passionné par ce qu’il fait, cela devient une machine de guerre.
C’est bien simple, Ronald Acuna Jr sait tout faire. Il fait partie de la poignée de joueur qui peuvent être considérés comme des five-tools players. Le plus fou, c’est qu’il n’est pas bon partout et excellent nul part comme le voudrait l’adage. Il est excellent, et fait partie des meilleurs dans tous les compartiments du jeu. Un talent fou et si précoce qu’il est très clairement dans la discussion pour le meilleur joueur de son âge de l’histoire pluricentenaire du sport national américain. En tout cas, il est le plus jeune joueur à avoir inscrit son nom au club des 40 Home Runs et 30 bases volées en une saison. Et il est passé à une blessure près d’accrocher son nom au club très fermé des 40/40 puisqu’il ne lui manquait que 3 petits vols de base à 4 journées de la fin de la saison avant qu’une blessure à l’adducteur mette fin à sa quête.
Devenu un Brave pour une poignée de dollars
Avec seulement un demi-million de dollars, les Braves d’Atlanta ont réussis à recruter le trio qui forme aujourd’hui la pierre angulaire de leur franchise. En effet, Johan Camargo, Ozzie Albies et Ronald Acuña Jr ont tous été recrutés à 16 ans dans l’anonymat le plus complet. À l’époque, aucun des trois compères ne faisait la une des journaux et c’est plutôt grâce au flair du scout des Braves, Rolando Petit que ces trois joueurs sont tomber dans les filets de la franchise au tomahawk.

En effet, le recrutement de jeunes joueurs de 15 ans qui plus est à l’international est tout sauf une science exacte. Et pour le coup, Acuña Jr est passé sous le radar de presque toutes les franchises. En cause, un swing trop long, un manque de « wow » factor, la taille et tout autres choses, les scouts se découragent les uns après les autres et il ne reste finalement que 3 franchises en course pour s’attirer les services. C’est finalement les Braves, qui grâce à l’obstination de leur chef du scouting vont choisir de doubler l’offre des Royals et, pour 100,000$ intégrer El Abusador dans leur organisation, un coup de maître qui paye des dividendes encore 6 ans plus tard.
Compléter le rêve de son père
Acuña Jr fait partie d’une famille qui vit et meurt pour le baseball. Son père était lui aussi un minorleaguer qui a roulé sa bosse dans le farm system de différentes équipes sans jamais réussir à atteindre l’équipe première. À la signature de son contrat avec les Braves, son père loin de s’extasier refroidi l’ambiance de la maison en se contentant d’u seul conseil « Ne fais pas les erreurs que j’ai commises. Montre aux gens qui tu es, cours à fond chaque fois que tu frappes la balle car c’est ce qui te mènera loin. »
Appelé en Major League en le 25 Avril, Ronald Jr achève enfin le rêve d’une vie, mais aussi celui de son père qui vit son rêve par procuration à travers son fils « Ronald Jr vient d’une lignée » explique Ronald Sr « Comme un bon cheval de course il a un sacré pedigree, on l’a tous guidé et conseillé dans son aventure pour rejoindre la MLB. » Fier de son fils, il ajoute « Il est né avec du talent, mais les petites choses que vous faites pour polir un diamant il l’a appris de nous tous » Les Acuña n’ont pas fini de déferler sur la MLB puisque il reste encore trois joueurs de baseball en herbe plus jeunes que Ronald qui attendent leur tour.
El Abusador, un personnage solaire
L’homme de La Sabana n’est pas juste un joueur de baseball, il s’est aussi construit un personnage qui fait de lui l’un des joueurs les plus cools et bankable mais aussi les plus têtes à claques de la ligue. On vous dresse le portrait : des batflips à chaque Home Runs ou presque, les chaines en or, ses gimmicks, son trashtalk… Tout son personnage l’a posé en leader de la génération Z que la MLB s’échine actuellement à marketer de toutes les façons possibles mais en même temps, personne n’énerve autant les annonceurs et les joueurs adverses. Même ses coéquipiers sont parfois énervés par ses facéties qui le poussent à rater des points comme lors des séries de divisions contre Washington. Comme l’expliquait Freddie Freeman son coéquipier en première base à propos du manque de hustle de son coéquipier « On ne peut avoir cette conversation qu’une seule fois, après cela revient juste à tirer sur l’ambulance »
Son talent et son aura risque d’en faire la star d’Atlanta pendant encore des année;s lui qui après deux saisons passées dans la ligue reste le 7e joueur le plus jeune de MLB et a fini sa première saison complète 5e du classement MVP et parmi les prétendants à la toute nouvelle All MLB team. Quand à 21 ans la plupart des joueurs de baseball font encore leurs classes en ligues mineures, Acuña Jr vit pleinement sa passion dans la plus grande ligue du monde. Acuña matata, quel joueur magnifique !

