Devonte Graham est peut-être la plus belle histoire de ces premiers mois de NBA. L’émergence du jeune arrière des Hornets a permis à sa franchise de ne pas couler alors qu’on lui promettait l’enfer après le départ de Kemba Walker. Et son salut vient finalement d’un joueur drafté en 34e position qui a passer la saison dernière en G-League.
Kansas, de la recrue anonyme au leader de l’équipe.
Devonte’ Graham, c’est l’histoire d’un joueur qui a toujours fait les efforts pour répondre au niveau, toujours plus élevé, des attentes qui sont placées en lui. En effet, quand il débarque dans l’équipe des Jayhawks de Kansas, l’équipe vient de perdre Joel Embiid puis Andrew Wiggins, partis conquérir leur rêve NBA en étant sélectionnés très haut dans la draft. En effet, même s’il est moins connu que celui de Kentucky ou de Duke, le programme de Kansas est aussi l’une des usines à champions des Etats Unis. Pourtant Devonte’ Graham est loin d’être un joueur très côté quand il arrive en NCAA. Il est ainsi classé comme la 65e meilleure recrue du pays bien loin derrière ses nouveaux coéquipiers Cliff Alexander (4e) et Kelly Oubre Jr (8e) et son aventure sur le campus de Lawrence commencera sur le banc. après une première saison plus que moyenne (5 pts 2 passes en 17 minutes à 39% au shoot) Graham va recevoir ses galons de titulaires et voir ses responsabilités offensives grandir. Il passera la barre des 10 pts lors de sa saison sophomore mais c’est réellement lors de sa saison senior qu’il obtiendra véritablement les clés du camion de la part de son coach Bill Self.

En effet, pour la campagne 2017-2018. Devonte Graham porte les Jayhawks assumant avec Sviatoslav Mykhayliuk la plupart des responsabilités. Ainsi Graham passe à 17.1 pts et plus de 7 caviars par match. Cela n’a plus rien à voir avec sa saison freshman. Il est désormais l’âme de cette équipe des Jayhawks et l’emmène jusqu’à son premier Final Four depuis 5 ans. Son coach Bill Self lui souligne déjà son état d’esprit et son leadership « Nous sommes une équipe différente quand Devonte’ est sur le terrain, personne ne nous donne de l’énergie comme Devonte’ sa personnalité nous galvanise. Depuis 4 ans qu’il est sur le campus, je ne peux pas me souvenir d’un jour ou je l’ai entendu se plaindre ou gémir. » Malheureusement, sèchement battus par Villanova et ses Eric Paschall, Mikal Bridges et Donte DiVincenzo en demi-finale, l’aventure NCAA s’arrête là pour Graham qui doit désormais se tourner vers la draft.
Des débuts difficiles en NBA
Comparé à Charlie Ward ou Shabazz Napier durant le processus Pré-Draft, Graham ne fait pas rêvé les scouts, d’autant plus que son âge avancé (déjà 23 ans) ne laisse pas présager d’une marge de progression démentielle. Critiqué pour son manque de taille et de capacités athlétiques, les scouts ne voient rien de plus en lui qu’un meneur backup. C’est pourquoi malgré un CV bien chargé à la case universitaire, le meneur de Kansas tombera à la 34e place de la draft. Séléctionné par les Hawks, il est échangé dans la foulée aux Hornets qui l’obtiennent contre 2 deuxième tours de draft. L’enfant de Caroline du Nord arrive dans Queen City sans savoir précisément quel sera son rôle.
Finalement sa saison rookie consistera en des allez-retours contrastés entre la G-League où il brille avec entre autres une pointe à 42 pts, et Charlotte, où il a du mal a s’acclimater à la NBA. Sa saison rookie consistera en seulement 46 matchs et 5 starts pour 4.7 points et 2.7 passes à seulement 34.3% au shoot avec un temps de jeu aussi irrégulier que la confiance que plaçait son coach en lui. Incapable de se créer des situations de shoot favorables et peu utile en défense, Graham ressemblait plus à un projet qu’à un véritable joueur valuable. Un projet de 23 ans ça ressemble à une carrière qui va vite s’arrêter. Et pourtant Graham a une fois de plus fait les efforts pour s’élever et même dépasser les attentes placées en lui.
Une saison sophomore débutée en chapeau de roue

Pour sa deuxième saison, Graham trouvait à Charlotte un poste de meneur déserté par potentiellement 2 futurs Hall of Famers. Kemba Walker était parti rejoindre les Celtics tandis que Tony Parker a pris sa retraite après 19 saisons dans la ligue. Avec le champ libre et une équipe qui a perdu la plupart de ses vétérans, les fans espèrent des progrès de la part de leurs joueurs. Une progression interne semble être le seul moyen pour les Hornets d’éviter l’enfer d’une saison de tanking avec une équipe qui semble aussi faible sur le papier.
Le moins que l’on puisse dire c’est que Graham n’a pas déçu. Commençant par 23 points à 7 sur 9 lors de la victoire inaugurale face à Chicago, Graham semble avoir réglé la mire. Mieux, il s’impose comme le top scorer des Hornets avec plus de 18 pts et 7 caviars par soirs. Le Graham en manque de confiance de l’année dernière s’est métamorphosé dans une équipe actuellement 9e de conférence, bien loin des profondeurs qu’on leur avait promis. Quel est la recette de son succès ? Selon son coach c’est le travail selon l’assistant-coach des Hornets Nate Mitchell : « J’avais déjà vu son talent l’année dernière, les tirs ne rentraient juste pas. Il a eu un peu de mal, mais si vous regardez ce qu’il faisait l’année dernière en, G League (23.3 pts de moyenne). On peut transférer certaines choses, il a les mêmes pourcentages cette année que ceux qu’il avait l’année dernière en G League. Évidemment l’opposition est plus grande, plus forte, plus athlétique en NBA mais si vous lisez entre les lignes, ça ne compte pas pour lui. Le temps qu’il passe l’été à travailler sur son jeu paye enfin«
À seulement 24 ans, Graham semble incarner un possible renouveau pour le nid de frelons. Sa progression délirante pourrait même faire de lui un candidat au titre de MIP voir de All Star dans les saisons qui viennent. Des sommets qui semblaient inatteignables pour Swaggy Devonte’ comme on le surnommait du côté de Kansas.

