Le Betts des Dodgers

C’est fait, après une première annulation du trade, Mookie Betts a bien rejoint les Dodgers. Los Angeles a maintenant un an pour gagner un titre avec lui et/ou le convaincre de continuer de loger au Dodgers Stadium. Et pas à n’importe quel prix.

MVP de la ligue américaine en 2018, joueur à la dimension de franchise player, peut-être la meilleure combinaison de puissance et de vitesse de la ligue… Mookie Betts, c’est tout un joueur qui vient de rejoindre les Dodgers, les triples vice-champions en titre. Tout un pari aussi pour les Dodgers qui devront convaincre Betts la future star de la free agency 2021 de re-signer avec l’ancienne franchise de Brooklyn.

Les Dodgers font All In

Ils étaient déjà favoris pour remporter les World Series avant ce deal. Autant dire qu’ajouter un ancien MVP et un ancien Cy Young vient de les faire rentrer dans une nouvelle dimension : celles des équipes de légendes. Imaginez un peu. Les Dodgers pourraient se présenter au premier jour de la saison avec un line-up de rêve : Mookie Betts en leadoff puis Corey Seager, Justin Turner et Cody Bellinger. Et ça ne s’arrête pas là. Max Muncy et AJ Pollock sont eux aussi capables de produire des runs régulièrement. Les Dodgers se sont offerts des batteurs qui ne sont pas sans rappeler le Murderers Row des Yankees à la fin des annéeqs 1920. Forcément cette armada a un prix et cette saison pourrait être un One Shot pour la franchise de Los Angeles qui devra casser la tirelire si elle espère convaincre un Mookie Betts libre de tout contrat de rester une année de plus dans la cité des anges.

Quels apports ?

Mookie Betts est un joueur complet, Vitesse le plaçant parmi les meilleurs voleurs de bases de la ligue, auteur de 134 homeruns depuis 2015, défenseur élite qui lui a rapporté 4 Gold Gloves après 5 saisons dans les majeures, et enfin une régularité à la batte qui en fait un des tout meilleurs leadoff de la ligue (37% d’OBP en carrière). Dans un monde sans Mike Trout, il pourrait largement être considéré comme le meilleur joueur de la ligue. Mais le plus effrayant dans cette histoire c’est que Mookie Betts renforce très précisément les points les plus « faibles » d’une formation déjà monstrueuse. Il va apporter le leadoff hitter élite qu’il manquait aux Dodgers et former un champ extérieur ressemblant à une forteresse avec Cody Bellinger et AJ Pollock. À eux trois, c’est pas moins de 6 Gold Gloves qui patrouilleront la pelouse du Dodgers Stadium.

Les Red Sox ne voulaient pas payer.

Les grands perdants dans ce trade, c’est Boston. Les champions 2018 repartent avec presque rien après avoir perdu le visage de leur franchise. Mais le différent entre Betts et son GM Donbrowski était trop grand, il était trop cher pour John W. Henry qui est petit à petit devenu radin alors que les Red Sox ont empilés 4 titres depuis 20 ans. La mission était claire et l’objectif de ce trade limpide : passer en dessous de la luxury tax. Chose faite donc mais ce n’est pas sans rappeler les précédentes fois où les Red Sox ont échanger leur franchise player plutôt que de les payer. Que cela soit Nomar Garciaparra en 2004, Roger Clemens dans les années 1980 ou le plus connu d’entre tous : le Bambino Babe Ruth dans les années 1920, l’avarice des dirigeants de la cité du Massachussets les a souvent vu se mordre les doigts. Bis repetita cette fois ci ? Ce qui étonne surtout c’est la maigreur de la contrepartie reçue par les Red Sox qui devront se contenter d’Alex Verdugo et de Jeter Downs et du catcher Connor Wong pour oublier le Mookie Monster. Bien loin de ce qu’on aurait pu espérer du trade de la superstar du Massachusetts. Mais dans les faits, c’est pas moins d’une cinquantaine de millions de dollars qui sont partis de la masse salariale des Red Sox… En même temps que toute espoir de titre.