Héritier des frères Klitschko, vainqueur de tout chez les moins de 91 kilos, boxeur de l’année 2018, Olexsandr Usyk régnait en maître chez les cruiserweights mais la promesse de mettre en péril la trinité Joshua-Wilder-Fury et les millions de dollars qui y étaient accolés l’a poussé à passer dans la catégorie reine. Prêt à régner sur les poids lourds ? Les paris sont ouverts.
Le nouveau Tsar de Crimée

C’est la nouvelle terreur de venu de l’Est, né dans le bourbier de Simferopol en Crimée, Olexsandr Usyk est le nouveau pur-produit de l’école de la boxe ukrainienne. Entré pour la première fois sur un ring à 15 ans, il devient rapidement accro au noble art et décide d’en faire son métier « Je commençais chaque jour à 3 h du matin jusqu’à 7 h, je bossais deux, trois fois plus fort et plus longtemps que n’importe qui d’autre. Quand j’ai vu les fruits de mes premiers entraînements, ça m’a motivé à aller encore plus loin. Dire que certains se foutais de moi ! Qui est-ce qui rit maintenant ? »
Commençant sa carrière amateur chez les poids super moyens (-78kg) en 2006, il participera finalement aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 en sautant deux catégories pour s’aligner chez les lourds-légers (-91 kg) en remplacement de Denis Poyatsik blessé pendant la préparation. Pourtant cette première opportunité sera gâchée par Usyk qui se fera sortir du tournoi en quarts-de-finale.
Après cet échec, Usyk adopte un nouvel entraineur : Anatoly Lomachenko.
Avec son nouvel entraineur, Usyk arrête de perdre et remporte finalement l’Or Olympique en 2012 chez les poids lourds battant entre autres Terlev Pulev, Artur Beterbiev et surtout Clemente Russo qui l’avait éliminé quatre ans avant. Ce qui a changé, c’est un art de l’esquive considérable dû a un jeu de jambes impeccable pour un boxeur de sa taille. Tout cela en développant un QI boxe plus qu’au-dessus de la moyenne et une attaque peu orthodoxe mais diablement efficace.
Champion unifié chez les lourds légers, un règne de tyran sur la division
Il décide finalement de passer pro en 2014. 6 Ans, 17 combats et 13 KOs plus tard., Usyk a unifié les titres des cruiserweights pour la première fois depuis un certain Evander Holyfield. Il a délivré masterclass sur masterclass face à ce qui se fait de mieux dans sa catégorie. En effet, il a gagné ses ceintures en battant successivement Krysztof Glowacki, alors invaincu en 26 combats puis Mairis Braidis (23-0) avant d’unifier les ceintures contre le deuxième meilleur dans ce qui était vendu comme le combat le plus dangereux de sa vie face au puncheur russe Murat Gassiev (26-0) ne laissant aucune chance à son adversaire du soir pour l’emporter par décision unanime. Max Kellerman le spécialiste boxe d’ESPN s’exclamera après cette performance « Usyk est un médaillé, d’or un dominateur remarquable en amateur et maintenant un champion dominant. »

Vainqueur des Super Series, le tournoi réunissant les meilleurs chez les -91 kg en Juillet 2018, il prendra le temps de mettre à la retraite Tony Bellew par KO avant de se décider enfin à aller voir du côté des poids lourds à 31 ans. Bellew prévient la concurrence Oleksandr Usyk c’est du sérieux. « J’ai affronté les tout tout meilleurs durant ma carrière et il est juste meilleur que moi. Usyk est un des meilleurs boxeurs toutes catégories confondues, le meilleur que je n’ai jamais affronté. Quiconque veut l’affronter est définitivement en danger, c’est la fin de ma carrière »
La Lomachenko Era 20 ans après la Klitschko Era ?
La hype est immense et après la Klitschko Era des années 2000, toute l’Amérique a peur de voir les titres s’envoler de nouveau en Europe de l’Est et de voir une Lomachenko Era débuter. Le pire c’est que celle-ci ne toucherait pas que les lourds mais aussi chez les légers et les plumes où Vasyl Lomachenko, le fils de l’entraineur d’Usyk, est déjà champion dans trois catégories différentes. Mais en même temps la promesse de voir le boxeur le plus technique du monde parmi les plus de 85 kilos affronter les Joshua, Wilder et autres Fury fait rêver tous les fans de boxe autour du monde. Et pourtant certains problèmes se posent pour lui. Comment réussir à passer outre l’allonge de Joshua ? Comment résister à la puissance d’une droite de Wilder ? Comment atteindre la tête d’un Fury à qui il rend 10 centimètres ? Comment réussir à passer les premiers rounds toujours difficiles pour lui quand un seul coup peu vous envoyer au sol dans cette catégorie ? Passé 6 rounds il semble prêt à faire jeu égal avec n’importe qui, mais comment survivre durant ces 6 premiers rounds c’est toute la question d’autant plus qu’il rend pour l’instant 20 kilos aux combattants de cette catégorie. Cela fait beaucoup.

Problème, à 31 ans, Usyk n’a pas trop le temps de naviguer chez les poids-lourds avant d’aller chercher les gros combats, les titres et les gros chèques. Il est déjà téléguidé en direction d’Anthony Joshua pour la fin d’année. Trop tôt ? Surement, mais il ne faut pas oublier que le Lomachenko des lourds a construit sa carrière en battant les meilleurs. Il a déjà battu Wladimir Klitschko en temps que sparring partner, dominant tellement selon la légende qu’il sera viré du camp d’entrainement du géant ukrainien. Alors attention à une surprise, Joshua a déjà été surpris une fois avant de retrouver ses titres en ayant appris de ses erreurs. En tout cas il faudra qu’Usyk face 12 ou 15 rounds parfaits pour battre un boxeur du Top 5 des poids lourds. Avec Lomachenko dans son coin, difficile de ne pas considérer Usyk comme un candidat sérieux comme l’avoue ce dernier, « Si j’en suis là c’est grâce à Dieu… et à Anatoly Lomachenko. »

